Over Your Dead Body
Jason Segel et Samara Weaving tiennent les rôles principaux dans ce thriller d'horreur qui part sur un ton ludique avant de devenir terrifiant.
Il faut rendre hommage au genre de l’horreur, car il parvient toujours à divertir et à surprendre d’une manière que les autres genres cinématographiques ont du mal à égaler. Ce pan de l’industrie ne manque jamais de proposer des histoires uniques et mémorables, que ce soit avec des stars et des réalisateurs confirmés aux commandes ou avec des acteurs inconnus. Quoi qu’il en soit, les films d’horreur ont tendance à être plus ciblés, avec une vision créative plus claire, tout en réussissant à s’en sortir avec des budgets bien inférieurs à ceux des superproductions. « Over Your Dead Body en est un autre bon exemple.
Réalisé par Jorma Taccone, * Over Your Dead Body * raconte l’histoire d’un couple dont le mariage bat de l’aile. On suit Jason Segel dans le rôle d’un mari abattu et sans volonté, aux côtés de Samara Weaving, qui incarne une femme infidèle et en pleine dérive. En gros, ces deux-là sont tellement malheureux dans leur mariage qu’ils complotent tous les deux, sans le savoir, le meurtre parfait pour se débarrasser de leur moitié et toucher l’assurance. Tout ça commence à se dégrader quand le couple part dans le chalet isolé de la famille, en pleine forêt, et peu après, on voit ces deux-là se dévoiler leurs vraies intentions l’un à l’autre quand leurs plans échouent lamentablement.
C’est déjà un point de départ narratif plutôt intéressant et marrant à explorer, et pendant le premier acte et demi, on voit tout ça se dérouler, en repérant les subtilités et les remarques bizarres qui montrent de plus en plus clairement qu’aucun des deux n’a conscience des intentions de l’autre. Ça donne lieu à des rencontres tendues et gênantes, des rebondissements maladroits où tu grimaces en voyant à quel point ces deux partenaires de mariage sont vraiment incompatibles. C’est fascinant et assez hilarant à suivre, surtout quand toutes les cartes sont enfin mises sur la table, mais c’est à ce moment-là que la véritable horreur d’ Over Your Dead Body prend tout son sens.
Sans le savoir, les époux partagent leur chalet avec un trio de criminels violents et vicieux en fuite. Timothy Olyphant, Juliette Lewis et Keith Jardine incarnent deux détenus évadés et un gardien de prison qui les a aidés à s’enfuir, ce qui mène finalement à une confrontation brutale où le couple marié est torturé et tourmenté sous prétexte de leur extorquer de l’argent qu’aucun des deux n’a.
On passe d’une comédie romantique presque ludique et tordue à un scénario d’intrusion à domicile palpitant et terrifiant, à la manière de *The Strangers*, où le couple marié vit ses pires cauchemars et accumule d’innombrables blessures et coups en tentant de s’échapper en maîtrisant et en éliminant les envahisseurs. C’est un enchaînement efficace d’événements, des montagnes russes de sensations fortes où tu te demandes sans cesse comment le couple va survivre à ce qui les attend. C’est vrai, dans une situation d’horreur très typique du genre, le troisième acte laisse un peu à désirer, surtout quand des interventions à la « Deus ex machina » viennent sauver le duo alors qu’il est au plus bas. Ça enlève un peu de mordant à l’histoire quand une intervention presque divine leur offre une seconde chance, même si c’est au prix d’un doigt ou d’un lobe d’oreille ou deux. La fin incroyablement prévisible sur le bateau en est un exemple parfait : à ce jour, je n’arrive toujours pas à comprendre comment Pete, incarné par Segel, a réussi à échapper à cette fin particulièrement sinistre.
Alors oui, * Over Your Dead Body * tombe dans certains pièges du genre horreur, mais on parle aussi d’un film qui, dans l’ensemble, réussit ce qu’il s’est fixé de faire. Segel et Weaving forment un duo principal parfait et redoutable, les criminels (surtout Olyphant) se démarquent comme des antagonistes efficaces et effrayants, et le postulat de départ ainsi que l’intrigue donnent lieu à une histoire mémorable. Si seulement ça avait pu se terminer 10 minutes plus tôt pour éviter cette conclusion ringarde et ridicule…



